A travers la publication des décrets et arrêtés du 25 mars 2007, c'est un nouveau modèle thérapeutique qui voit le jour, avec ses règles, ses limites et ses ambitions. Les définitions qui encadrent l'exercice et les compétences du futur "titre" d'ostéopathe sont le fruit d'un long périple. Tout le monde s'accorde pour dire qu'on aurait pu faire mieux, qu'on aurait pu aller plus loin dans ces décrets, pour un meilleur statut, pour une meilleure sécurité du patient et pour une meilleure définition de cette pratique qui n'est pas une simple formation continue, comme le précise le législateur.
Nous devons donc accepter les nouvelles directives qui indiquent clairement la marche à suivre sur le plan formation, mais également sur le plan professionnel. Les textes précisent les objectifs pour chaque postulant au "titre" d'ostéopathe, qu'il soit médecin, kinésithérapeute ou sans formation initiale médicale ou paramédicale. Je ne reviens pas dessus, ce n'est pas le débat.
Par contre, les textes ne précisent pas les futurs rapports entre les différents postulants.
Formations différentes, histoire et déontologie différentes. Comment définir un paysage ostéopathique serein si les conditions d'échanges et de communications ne sont pas établis dès le début.
Pour information, vous pouvez lire ce texte du Dr Paul LOMBARD, Médecin généraliste à Grasse : "Cet essai de schématisation de la santé est à la fois un constat des lieux, avec des éléments critiques et une indication du sens que pourrait prendre le corps médical, du brancardier au directeur d’hôpital, en passant par le professeur ou l’orthophoniste dans une sorte de déontologie commune". (source AGORAVOX)
Le constat établi par le Dr LOMBARD est un sujet d'actualité pour la Haute Autorité de Santé (HAS) qui vient de publier un rapport :
27 mars 2007 | Communiqué de Presse
La Haute Autorité de Santé publie son rapport d’étape sur la coopération entre professionnels de santé.
La Haute Autorité de Santé publie aujourd’hui un rapport d’étape qui détaille la méthode développée, en collaboration avec l’Observatoire national de la démographie des professions de santé, pour élaborer une recommandation sur les conditions des nouvelles formes de coopération entre les professionnels de santé. Ce document dresse également un état d'avancement des expérimentations en cours et de leur évaluation.
Le rapport d’étape sur la coopération entre professionnels de santé s’inscrit dans la perspective de la double mission dont la Haute Autorité de Santé a été chargée par le ministre de la Santé et des Solidarités : accompagner l’évaluation des expérimentations en cours et rédiger une recommandation plus générale sur ce thème, garantissant, voire améliorant, la qualité des soins pour les patients.
La Haute Autorité de Santé a été chargée par le ministre de la Santé et des Solidarités, Xavier Bertrand, d’élaborer une recommandation visant à :
- clarifier les conditions de la coopération dans le domaine de la santé
- identifier les évolutions qui pourraient la faciliter.
La HAS s’appuiera notamment sur l’évaluation des onze expérimentations qui ont été autorisées par l’arrêté de mars 2006. L’évaluation de ces projets expérimentaux se décline concrètement en trois études :
- une évaluation fondée sur un recueil prospectif par chaque site de données quantitatives d’activité et de résultats permettant d’étudier la faisabilité, la sécurité et la qualité des soins ;
- un recueil de l’avis des patients par questionnaire organisé sur chaque site afin d’apprécier la perception et l’acceptation par les patients de cette ré-organisation de sa prise en charge ;
- une évaluation qualitative, par entretien semi-directif, organisée sur chaque site auprès des professionnels de santé concernés. Elle sera plus particulièrement centrée sur les aspects liés à la faisabilité et à l’organisation des nouvelles formes de coopération.
Les directives mentionnées ci-dessus sont susceptibles d'améliorer les rapports de fonctionnement entre professionnels de santé, mais pas les rapports humains. Comme le précisait le Dr LOMBARD dans son article, le patient est délaissé dans sa prise en charge : il devient un acteur économique pris en compte pour sa maladie, pas pour lui-même. Cette dérive du système médical français, souvent montré du doigt, gagnera-t-elle également la prise en charge en ostéopathie.
L'application des nouvelles règles de formation et d'exercice de l'ostéopathie doit être suivie d'une nouvelle règle de "conduite" vis à vis du patient, pour éviter toute dérive. Les différents postulants au "titre" d'ostéopathe doivent rendre compte de leurs actes et de leurs devoirs, tels qu'ils sont définis dans les textes du 25 mars 2007.
Ce modèle de base, retenu par les pouvoirs publics, ne donne pas d'explications sur les droits et l'obligation d'être informer pour un patient. Les précisions sur les modalités d'exercice n'étant pas encore établies par les textes, il existe un risque de voir des "divergences" pratiques et "déontologiques" profondes qui n'iront pas dans le sens d'un rapprochement des professionnels.
Il appartient aux différents services en cause, HAS, Ministère de la Santé, ASP des différents postulants de bien comprendre l'incohérence entre plusieurs textes.
En conclusion, partir sur une base saine est le principal objectif que doit retenir les pouvoirs publics pour donner un sens à ces nouveaux décrets. Ce "modèle ostéopathique" français doit faire ses preuves. Tout le monde doit donner un but à cette "naissance"....
Découvrez les autres commentaires de l'article du Dr Lombard : vous constaterez que plusieurs médecins ont une opinion très favorable sur des ostéopathes "confirmés", même si cette pratique n'est toujours pas évaluée.




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