Comme vous avez pu le constater, un article récent est paru sur le site de l'ostéopathie de Jl Boutin, qui concerne l'ostéopathie dans le cadre d'interviews organisés par La Société Française de Rhumatologie (SFR). Infos de décembre 2006.
La volonté du Pr C. Alexandre (président de la SFR) de régler le dossier ostéopathie dans le cadre du futur projet de loi sur les décrets d'application, présente un intérêt double :
- Il pose la question de validation de l'ostéopathie en tant que "Technique thérapeutique"
- Ne s'oppose nullement à l'usage de l'ostéopathie par des praticiens qui acceptent la validation des études en cours dans des établissements.
A voir également une autre vidéo sur la même page "Pas d'ostéopathie sans avis médical".
On trouve une position très médiatrice de l'ancien président de la SFR, le Pr B. Mazières, qui préconise beaucoup de recul sur ce dossier pour percevoir toutes les clés incontournables (sécurité du patient, formation, diagnostic, enjeux économiques, situation européenne, démographie médicale, etc).
Le Dr Sanchez, Président du Syndicat National des médecins Rhumatologues (SNMR) donne son accord à cette version des faits en précisant que le gouvernement précipite le dossier ostéopathie dans une situation difficile par manque de temps et d'études.
Le Dr V. Diébolt, secrétaire général du SNMR et ostéopathe, préconise un pré-requis médical ou paramédical pour l'exercice d'une "technique ostéopathique", car selon lui, la sécurité du patient passe par un diagnostic précis et indiscutable, que seuls les médecins sont habilités à confirmer.
Commentaires :
Tout le monde s'accorde à dire que l'avancé du dossier ostéopathique passe par des concessions des uns et des autres. Il est évident que l'ostéopathie doit se soumettre aux règles des études et des analyses si elle prétend faire partie du milieu médical. Si cette volonté est réelle, les bases de cette "pratique manuelle" doivent être évaluées selon des critères à définir.
En effet, le problème se pose quand on parle de "technique thérapeutique", qui suppose une action précise pour une cause précise. En suivant ce raisonnement, nous abordons l'idée d'une liste ou nomenclature d'actes prédéfinis pour permettre aux praticiens, mais également à l'administration de définir, actions et compétences pour la pratique des "techniques thérapeutiques".
Dans le cadre d'une "pratique manuelle" qui conserve son sens généraliste, nous ne pouvons pas définir une nomenclature d'actes. En effet, la réalisation d'une séance d'ostéopathie repose en grande partie sur la "nature" du bilan pratiqué et non sur l'acte "thérapeutique" recherché. Il semble donc difficile dans un premier temps de résumer une séance d'ostéopathie à un acte unique.
Le "diagnostic" est certainement un point très important du dossier qui doit attirer toute notre attention. Je suppose qu'il s'agit d'une erreur de commentaire quand il est fait mention que seuls les professionnels de santé, médecins et kinésithérapeutes, sont formés au "diagnostic médical précis". Il me semble que jusqu'à preuve du contraire, seuls les médecins sont habilités légalement en France à porter un diagnostic médical.
En dehors de cette remarque, il est effectivement important de souligner les limites des compétences thérapeutiques pour des professions autres que médecins. Cette notion de diagnostic reste donc une priorité pour définir le cadre et les champs de compétence de l'ostéopathie.
Maintenant, si nous regardons "l'approche clinique" en ostéopathie, premier élément essentiel et incontournable de cette "pratique manuelle", nous constatons une très grande divergence de prise en charge du patient :
- Dans le temps d'une consultation;
- Dans les moyens utilisés pour réaliser un bilan;
- Dans les résultats de ce bilan;
- Dans les axes de traitement qui découlent de ce bilan;
Nous sommes tous conscients de l'importance de définir les modalités thérapeutiques, les actions prioritaires et les limites pour chaque professionnel. Mais la mise en place des décrets, malgré le refus de tout le monde, oblige tous les intervenants à réfléchir sur l'importance de mettre sur le marché des thérapeutes non qualifiés par une formation insuffisante.




Commentaires