Vous trouverez des articles sur "Science et Avenir" de février 2007 sur la nouvelle vague des médecines douces.
Chiropraxie-ostéopathie
Il s’agit de deux disciplines exclusivement manuelles. La chiropraxie (ou chiropratique) est totalement centrée sur la colonne vertébrale. Pour ses adeptes, tout découle d’une « bascule », même minime, d’une ou de plusieurs vertèbres. Ce déplacement, que les chiropracteurs appellent la « sub-luxation », serait à l’origine de la plupart des douleurs et des maladies dites fonctionnelles, c’est-à-dire sans cause organique. Ce concept reste très controversé, ses détracteurs arguant de l’absence de données scientifiques validant le mécanisme par lequel cette subluxation, totalement invisible en radiologie, agirait sur les organes internes. Les chiropraticiens se proposent néanmoins de la corriger, par l’intermédiaire de manipulations appelées ajustements. En pratique, des pressions ponctuelles ou des impulsions, des gestes doux et normalement indolores. Née à la fin du xix e siècle sous l’influence de Daniel Palmer, un guérisseur américain qui aurait rendu l’ouïe à un sourd après une manipulation vertébrale, la discipline a pignon sur rue aux Etats-Unis. Dans deux tiers des cas, les patients consultent la première fois un chiropracteur pour des douleurs et des problèmes articulaires (sciatique, lumbago, hernies, genou douloureux, torticolis…).
Bien que la discipline revendique en France 20 millions de consultations par an et 7000 praticiens en exercice, la formation des ostéopathes n’était jusqu’à présent absolument pas standardisée. En effet, de très nombreuses écoles, plus ou moins autoproclamées et pas forcément sérieuses, proposent des formations variant de six ans à quelques week-ends à des médecins et à des non-médecins. Une situationque déploraient de nombreux ostéopathes.
Mais, fin décembre, cinq ans après la parution de l’article 75 de la loi Kouchner du 4 mars 2002 reconnaissant un statut à l’ostéopathie, les décrets d’application ont enfin été rédigés. Mais pour l’instant, ils ne satisfont ni les ostéopathes, ni les médecins, ni les kinésithérapeutes. Un dossier sensible qui a du mal à sortir de l’impasse.
« Considérer le malade dans sa globalité, corps et esprit »
Pour le psychothérapeute Thierry Janssen, la médecine conventionnelle doit intégrer des pratiques mettant le malade et son environnement au centre du débat.
Comment expliquer l’engouement pour les médecines dites alternatives ou complémentaires ?
Dans les pays occidentaux, 40 à 75 % des patients recourent à ces approches, mais plus des deux tiers n’osent pas l’avouer à leur médecin. Certes, la médecine scientifique a réussi à prolonger la durée de vie, mais elle doit maintenant faire face à toute une série de maladies dégénératives et chroniques, liées à l’allongement de cette durée de vie, pour lesquelles elle a peu de réponses efficaces. Autre souci : trop de chimie et de technologie déshumanise la médecine. La science réductionniste engendre une vision parcellaire de l’individu : on soigne des symptômes, des pathologies ou des organes. Les malades veulent être considérés dans leur globalité, corps et esprit, en lien avec leur environnement. Nées de l’empirisme, les approches alternatives et complémentaires respectent cette globalité. Les patients y sont entendus et cela intervient de manière essentielle dans le processus de guérison.
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