Voici un post édité sur un site de rhumatologie pratique, en date du 30 mars 2007 (ce lien est obtenu suite à un commentaire de Mr Jean Pierre LEGROS sur AGORAVOX, voir article sur "la schématisation d'un modèle ostéopathique français").
Ce déclencheur a été d’autant plus difficile à trouver qu’il était masqué et bien séduisant.
C’est le repos.
Authentique. Faites un test simple: Mettez un sparadrap autour d’un doigt (sain) pour l’immobiliser 48H. Libérerez-le. Votre doigt est gourd et sensible. Une articulation est faite pour bouger.
Le mal de dos, c’est une lésion localisée, souvent minime, qui immobilise anormalement longtemps. Parce que la colonne est très riche en terminaisons nerveuses. Les vertèbres voisines sont touchées par la raideur et, comme votre doigt, deviennent sensibles. La douleur s’étend, alors même que la lésion initiale est en train de guérir.
Les médecins ont, il faut bien l’avouer, fortement contribué à cette épidémie. Mal formés, dépourvus de moyens face à ces douleurs pénibles, ils se sont réfugiés dans le discours: “ne faites rien”. Ils n’osent pas renvoyer au boulot des douloureux. Les arrêts de travail s’éternisent.
Certains malades s’arrangent bien du repos. Travail pénible, ambiance professionnelle détériorée par les contraintes de productivité, salaire qui tombe pareil si on est en accident du travail… Beaucoup font même du travail le principal responsable. Alors que les métiers physiques sont bien moins pénibles qu’au cours des siècles passés.
Ceux qui s’en tirent bien sont ceux qui se posent peu de questions. Une en fait. Essentielle. “Le repos ne m’améliore pas? Je reprends mes activités”. Bon sens. Ils guérissent vite.
Les autres, hantés par la hernie discale, pas rassurés par leur médecin, en ont pris pour vingt ans. Souvent ils finissent par rompre leur mariage avec le prescripteur d’anti-inflammatoires et de repos, pour aller voir l’ostéopathe ou le mézièriste, qui les secouent un peu plus. Mais il est déjà tard.
Une génération de lombalgiques a reçu en cadeau une pile de scanners et d’IRM, mais aucun soulagement.
N’apprenons pas le repos à nos enfants.
Conjointement à cet article, jetez un oeil sur les deux rubriques suivantes : sécurité du patient et manipulations sur le même site.
Commentaires : entièrement d'accord avec vous ! mais la limitation du mouvement aux articulations est très restrictive. Vous pouvez décrire également la perturbation du flux circulatoire périphérique qui va dégrader les échanges capillaires et rendre les tissus locaux plus sensibles et fragiles. Nous pouvons surtout expliquer au public qu'il arrête de se culpabiliser : il n'est pas entièrement responsable de son état. Contrairement aux propos tenus dans l'article ci-dessus, il ne suffit pas de secouer les gens pour qu'ils se portent mieux, il suffit de faire un effort de recherche des éléments "non mobiles" qui même après retrait du "sparadrap" sont toujours sources de conflits.
C'est dans cet état d'esprit que nous essayons d'appréhender les problèmes, de limiter les populations à risque qui tombent dans une chronicité. Le problème n'est pas de dire à nos enfants "pourquoi" il faut bouger, mais "comment" il faut bouger, percevoir son corps avec toutes ses possibilités et non ses restrictions, envisager une vraie "Education" du corps, pas seulement quand il va mal, mais pourquoi il va mal.
Cette "Education" ne passera pas en considérant nos enfants comme des fainéants, nos patients comme des gens incultes. Ne nous trompons pas de sens dans cette remise en question...




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