Dans son communiqué de presse du 26 mars 2008, l'Ordre National des Médecins revient sur la Délégation d'actes entre professionnels de santé. A l’occasion du projet de recommandation de la HAS soumis à consultation publique intitulé « Délégation, transferts, nouveaux métiers, conditions des nouvelles formes de coopération entre professionnels de santé ». Le Conseil National de l’Ordre des médecins et l’Académie Nationale de Médecine conscients de la nécessité de renforcer la coopération entre professionnels de santé et de s’en donner les moyens demandent :
1- Que les expérimentations déjà entreprises dont le cadre a été essentiellement hospitalier et ciblé sur des pathologies déterminées soient complétées par des expérimentations concernant
les soins de ville, les réseaux de soins constituant à cet égard un terrain privilégié.
2- Que les Sociétés savantes et les Collèges professionnels définissent les actes qui pourraient faire l’objet de nouvelles délégations.
3- Que soient dressé l’inventaire et évaluées les délégations déjà existantes (par exemple avec les infirmières anesthésistes, les infirmières puéricultrices, les manipulateurs en
radiologie )
4- Que les médecins aient une responsabilité dans l’enseignement des actes délégués.
Mais rappelent les principes suivants également :
Le médecin assume la responsabilité de la coordination des soins confiés à chaque professionnel de santé, acteurs à part entière de la chaîne des soins.
Le renforcement de la coopération entre professionnels de santé ne peut se faire sur la base de concepts flous, mais renvoie à des délégations d’actes clairement
identifiés par chacun des professionnels de santé accompagnées d’une information des patients.
Cette position est reprise dans la revue du praticien médecine générale du 22 avril 2008 (source EGORA)
REVUE DU PRATICIEN MEDECINE GENERALE du 22 avril 2008
Par Bernard Gavid
La délégation de tâches est en pleine actualité, notre ministre de tutelle vient d´en faire largement écho au Sénat. De son côté, la HAS a réalisé une enquête sur les nouvelles formes de
coopération entre les professions de santé et propose une recommandation sur ce sujet.1 De leur côté, l´Académie nationale de médecine et du Conseil national de l´Ordre des médecins2 ont réagi.
Ces deux institutions sont assez sceptiques face à cette évolution de l´offre de soins en France. Elles rappellent les devoirs essentiels des médecins : être « le premier recours du patient »,
assumer « la respon sa bilité de la coordination des soins confiés à chaque professionnel de santé de la chaîne de soins », renforcer « la coopération entre professionnels de santé ». Ces
délégations de tâches « ne doivent pas se faire sur la base de concepts flous mais être clairement identifiées » et doivent être « évaluées ». Les généralistes, eux, restent très
partagés et certains confrères y voient « la mort de la profession » ou encore « une logique purement économique ». Il faut très certainement dépassionner le débat. De nombreuses
expériences étrangères, surtout anglo-saxonnes, et quelques expérimentations françaises ont bien montré que la délégation de tâches mérite d´être réfléchie.




Commentaires