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La lombalgie commune chronique comporte-t-elle une composante neuropathique ?
Publié le 15/10/2007
Lire l'article sur JIM
Merci à Jean Louis Boutin pour l'information !
P. SICHÈRE, Paris
La lombalgie est le deuxième motif de consultation en médecine générale, et le premier des Centres d’évaluation et traitement de la douleur1. Mais près de 3 patients sur 4 se disent insatisfaits du traitement prescrit en cas de lombalgie chronique2. C’est dire l’intérêt que portent les praticiens aux publications récentes qui font état d’une possible composante neuropathique à la lombalgie chronique. Cette hypothèse, si elle se confirme, permettrait de compléter notre arsenal thérapeutique pour mieux soulager le patient. Nous allons donc tenter de répondre à cette question.
Définition de la douleur neuropathique
Depuis 1986, l’IASP (International Association for the Study of Pain) considère que pour parler de douleur neuropathique, il faut qu’il y ait lésion nerveuse
périphérique ou centrale. Ainsi une douleur neuropathique périphérique peut-elle révéler une pathologie post-traumatique ou post-chirurgicale, être
liée à une affection mécanique, inflammatoire ou infectieuse.
Centrale, elle peut être due à un accident vasculaire cérébral, une lésion médullaire d’origine traumatique, tumorale ou encore infectieuse.
En rhumatologie, on considère qu’a priori les douleurs neuropathiques relèvent de mécanismes périphériques.
Cependant, du point de vue physiopathologique, cette distinction est sujette à caution. En effet, une lésion nerveuse même périphérique peut entraîner des perturbations nerveuses centrales (6),
et ce d’autant que s’installe une douleur chronique.
Dans tous les cas, il faut souligner l’intérêt de distinguer une douleur neuropathique d’une douleur de type inflammatoire puisque l’orientation thérapeutique sera différente. Distinction
essentielle pour choisir un traitement d’autant plus efficace qu’il sera adapté à l’une ou l’autre des pathologies, même si souvent les deux mécanismes s’ajoutent ou se confondent.
C’est dire l’importance de pouvoir reconnaître les signes cliniques qui orientent vers a composante neuropathique d’une douleur.
Comme nous le verrons plus loin plusieurs auteurs ont proposé des critères susceptibles d’orienter le clinicien dans cette reconnaissance diagnostique. À titre de rappel, nous reproduisons
ci-contre les critères français du questionnaire DN4 (7).
Points forts
L’état actuel des connaissances à propos des mécanismes physiopathologiques de la lombalgie commune chronique est à l’évidence insuffisant.
Des mécanismes d’origines périphérique et centrale jouent un rôle dans la douleur certes, mais peuton déduire des travaux récents qu’une composante neuropathique participe aux autres composantes ? Nous avons vu que nous manquions encore de preuves, d’études rigoureuses. Cette carence ne justifie donc pas a priori la prescription de traitements antidépresseurs ou antiépileptiques pour traiter la lombalgie commune chronique.
Nous ne pouvons qu’encourager la publication d’études, comparant des populations de lombalgiques chroniques à d’autres pathologies, en utilisant notamment le questionnaire DN4, qui a bien montré sa sensibilité et sa spécificité7. Alors nous pourrons mieux adapter nos traitements dans cette indication.
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