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La mort subite du nourrisson, à l'origine de 400 décès par an en France, serait due à l'activité exagérée du nerf vague qui ralentit la fonction cardiaque, selon une étude multidisciplinaire de la Faculté de médecine de l'Université de Strasbourg. Voir l'article sur le Monde du 3 mars 2010,  L'alsace et Dna.

"L'originalité et l'intérêt majeur des travaux strasbourgeois résident dans la perspective d'un diagnostic précoce des risques courus par le nouveau-né, grâce à l'examen d'un simple échantillon sanguin et d'un traitement préventif, puisque les médicaments existent", a indiqué mercredi le professeur Pascal Bousquet, directeur du laboratoire de neurobiologie et pharmacologie cardiovasculaires.

L'examen des échantillons a permis de découvrir sur les premiers une augmentation importante des récepteurs spécifiques à l'acétylcholine, la substance produite par le nerf vague, qui assure la transmission de l'influx nerveux. Le nerf vague, qui contrôle le fonctionnement du cœur, agit comme un frein cardiaque. S'il fonctionne exagérément, il peut mener à des ralentissements très importants du rythme cardiaque, voire à des arrêts cardiaques, explique le professeur Bousquet.

Ces travaux complètent ceux d'autres équipes, notamment américaines, qui ont montré des anomalies d'autres types de récepteurs, notamment dans le cerveau, «mais sans conséquences pratiques pour le diagnostic ou le traitement», selon le directeur de l'étude. Les chercheurs ont constaté que le cerveau des petites victimes produit de bas niveau de sérotonine, une substance chimique qui permet la transmission des messages entre les cellules cérébrales et joue un rôle essentiel pour la respiration, le rythme cardiaque et le sommeil, ont expliqué les chercheurs américains.

Les auteurs de ces travaux pensent qu'un niveau insuffisant de sérotonine pourrait diminuer la capacité des nouveau-nés à réagir normalement en cas d'une diminution de l'oxygène ou de taux élevés de dioxyde de carbone (CO2) accumulés en dormant sur le ventre. "Nous savions depuis longtemps que le fait de faire dormir les nourrissons sur le dos est le moyen le plus efficace de réduire le risque de morts subite", souligne le Dr Alan Guttmacher, directeur de l'Institut national américain de la santé des enfants et du développement humain."Cette découverte fournit des indices importants quant à l'origine biologique du syndrome et pourrait permettre de développer des tests pour  identifier les enfants ayant le plus de risque et d'élaborer des stratégies de prévention", précise le médecin.

Lire la fiche consacrée à la mort subite du nourrisson sur le site de l'université de médecine de Rennes.

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