Découvrir la passion selon Jean Zin

Publié le par JFM

Vous ne le connaissez peut être pas encore, mais je vous conseille de faire un tour sur son site "Ecologie Révolutionnaire" pour mieux connaître Jean Zin, étonnant personnage avec une histoire comme on les aime, des passions comme on aimerait avoir et une incroyable agilité dans la dimension du complexe.
C'est en partie grâce à quelques écrits produits par Jean Zin que j'ai commencé mon apprentissage de la complexité dans différents thèmes. Il fallait bien un début pour aborder la partie plus théorique proposée par Edgard Morin. Il est d'autant plus intéressant de s'attarder sur le blog de Jean Zin, car les nombreuses contributions de l'auteur sur différents sujets seront certainement  sources de réflexions. Vous trouverez ci-dessous quelques extraits, juste pour vous faire réagir.
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La complexité et son idéologie

Beaucoup de ceux qui parlent de la complexité sont considérés comme des sortes de gourous un peu mystérieux, détenteurs d'un savoir inaccessible au commun des mortels. Je voudrais montrer que c'est en fin de compte assez simple et que chacun peut mettre en pratique les quelques enseignements essentiels d'une pensée globale, de l'interdépendance et de l'imprévisible.

L'idéologie de la complexité brouille par contre toute compréhension d'une question de plus en plus centrale avec l'émergence de la société de l'information et les menaces écologiques. Il faut donc faire le point sur ce nouveau paradigme scientifique qui pénètre déjà la politique et les entreprises. Même s'il trouve son ancrage dans la physique ou les mathématiques, on verra que la complexité s'applique surtout aux organisations, à la suite de la systémique et de la théorie de l'information qui lui sont associées.

Apostille sur le Sinthome

Le symptôme
Le Tonus du corps est déjà soumis à une dialectique des humeurs. Ainsi, l’excès de dopamine empêche la réflexivité à laquelle l’anxiété ramène avec profit comme conscience de soi (La dialectique des humeurs identifie la dopamine à l’immédiateté, la noradrénaline à la médiation négatrice et la sérotonine au retour à soi). Le Tonus est certes déterminé par la situation telle qu’elle est perçue par le sujet et cette perception est elle-même sujette aux rapports sociaux en jeu dans l’énonciation. C’est donc bien pour-l’autre que nos humeurs nourrissent nos passions. Dans cette "immédiateté de la médiation" il n’est pas encore question de symptôme (sinon de seuil physique) mais simplement de relation, de causalité. Le dérèglement du Tonus est tout au plus un symptôme du corps, au même titre qu’une fracture, tant qu’il n’est pas repris dans un rôle social, tombant effectivement au sinthome dont il faut reconnaître et rassembler les caractéristiques qui le spécifient précisément.
 
Le Sinthome
Identification du Sinthome comme fixation, répétition, résistance (objectivation du sujet, définition du symptôme, son ex-sistence, sa durée), et non pas seulement surgissement réel (sinon comme fascination de l’événement).
Fonction du Sinthome comme rôle social (R, structure, synchronie, censure, double contrainte). L’énonciation témoignant toujours d’un rapport social, il s’agit simplement de l’identification du sujet à ses déterminations ; Identifications que le réel est là pour corriger, ordinairement, de ses démentis mais qui consiste souvent à incarner le perdant, désarmant ainsi tout jugement.
Forme du Sinthome comme surdétermination (cause Symbolique, conviction). La réponse sociale produit une conjonction de discours qui force la conviction du sujet, plutôt qu’une causalité directe historique c’est ici la structure héritée du sujet qui se confronte à une accumulation de signes dont la contingence n’est plus soutenable sans remettre en cause tous les sens. C’est la foi qui sauve en quoi consiste le sinthome, une foi aveugle à laquelle on tient plus que la vie, sans laquelle elle n’a plus de sens (et bien qu’en restant séparée).

Consistance du Sinthome comme envers de la jouissance, jouissance dénoncée, part du sujet (I, identité, objectivation). Ce que le sujet y gagne sans le savoir c’est une identité, même si elle ne peut se présenter que trouée, alimentant la plainte revendicatrice de la conscience malheureuse, déchirée. La plainte maintient la vérité objective d’un idéal inatteignable et délivré de tout sujet. En même temps que le sujet admet de se réduire à l’objet social, il dénonce son échec à y parvenir, trouvant dans ce compromis un équilibre durable sans y penser, occupé pour toujours à courir après son ombre. Il faut donc en affronter l’impossible pour s’en défaire et renoncer aux promesses de cette "foi qui sauve".

Stress social et détresse des corps

Les progrès de la médecine et l'augmentation du niveau de vie ont permis un allongement considérable de l'espérance de vie, pourtant cette médecine de pointe semble butter sur toute une série de maladies chroniques, inflammatoires et auto-immunes, voire neuro-dégénératives, qui impliquent à l'évidence l'environnement (on dit qu'elles sont multifactorielles, tout comme le cancer). Si ces maladies "aux mille noms" progressent de façon inquiétante, avec les caractéristiques d'une véritable épidémie, ce n'est pas seulement que la médecine ne sait pas y répondre encore, mais c'est aussi que le niveau de stress a considérablement augmenté dans nos sociétés développées, dans le travail en particulier, alors que la qualité de l'environnement et de la nourriture s'est fortement dégradée (hausse des pollutions et des pesticides, baisse des anti-oxydants, des oméga-3 et des vitamines). On assiste donc à la conjonction des limites de la techno-science, qui s'avoue incapable de soigner le mal-être ou les déséquilibres biologiques, en même temps qu'à l'emballement d'un productivisme de plus en plus insoutenable pour l'être humain comme pour la biosphère. A ce stade il semble que la médecine soit conduite à une révision complète de ses présupposés et de sa pratique pour revenir à une véritable "médecine générale", c'est-à-dire à des approches plus globales, qu'elle abandonne pour l'instant aux "médecines alternatives".


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